Le blog de Akkaria, , planète des hommes SM
J'ai déjà dit que les prisonniers des Akkars qui ne voulaient pas rester dans un monde sans femmes et où ils ne pouvaient avoir d'autre condition que celle de maître ou d'esclave étaient conduits dans une île de la mer d'Opale. Sur cette île, l'île des Evinces, ils étaient traités comme des hôtes choyés avant d'être reconduits sur la Lupa, cette soeur jumelle de la terre, où ils avaient été enlevés. Ils vivaient là dans un immense hôtel aux bâtiments dispersés dans de luxuriants jardins qui donnaient tous sur des plages. Leur service était assuré par des garçons d'hôtel admirablement stylés et attentifs à satisfaire leur moindre désir.
Il s'agissait pour les Akkars de donner à ces hôtes dont ils allaient se séparer des souvenirs délicieux et propres à en masquer d'autres, ceux de leur enlèvement, de leur arrivée traumatisante sur Akkaria, de la grandiose mais éprouvante cérémonie d'initiation à l'issue de laquelle ils avaient décidé de repartir. Certaines drogues qui leur étaient administrées à leur insu atténuaient d'ailleurs la trace de ces souvenirs. Mais les satisfactions de cette fin de séjour étaient conçues pour être si fortes et si continues qu'elles devaient combler délicieusement la mémoire. C'est dire combien les ralebs chargés d'assurer le service étaient surveillés par leurs maîtres akkars qui ne laissaient pas passer le moindre manquement. En fait, contrairement aux employés d'hôtel sur terre qui, en quittant leur service, retrouvent leur pleine liberté, les ralebs des Evinces quittaient leurs hôtes pour leurs maîtres et les nécessités malgré tout limitées du service pour les contraintes sans limites de la servilité.
C'est ce que nous fait voir Ivon quand, en fin de journée, il retrouve l'appartement de Jocelyn, le maître d'hôtel dont il dépend et auquel il appartient.