Tim s’arrête devant un hangar. Il me dit de descendre, qu’il va me présenter à ses potes. Il dit ça avec un curieux sourire. Je laisse paraître ma surprise: on devait aller directement à son studio. Tim me prend tendrement par l’épaule, m’entraîne vers le portail: «Mes potes sont très gentils.» Il frappe la tôle ondulée. Trois petits coups. Elle coulisse... «C’est Axel la Castagne,» dit Tim. Il parle du garçon qui vient d’ouvrir: face poupine mal rasée, nez de boxeur. Deux lampes à suspension éclairent le hangar, accrochées à des poutres. Elles font luire une longue botte penchée sur une banquette. L’autre botte est par terre. «Danke l’Écraseur,» me fait Tim, toujours son bras sur mon épaule. L’Écraseur a le coude sur le genou, le poing sous un menton buté. Visage en longueur semé de poils blonds. «Eh, Rodolphe, regarde un peu le ped que nous a dégoté Tim!» Axel est allé secouer le garçon aux bottes brunes, couché sur la banquette.
Rodolphe relève la tête avec un léger grognement. Il a un regard de chat avec des sourcils châtain clair. Une fossette au menton souligne la férocité sournoise de la bouche. Je sens le regard de Rodolphe sur moi.
— Tim, tu me fais voir ton ped?
Tim m’entraîne vers le garçon aux bottes brunes qui a relevé le buste.
— Mets-toi à genoux, mon poulet, pour que je voie si mon copain a eu bon goût.
Tim m’appuie sur l’épaule.
— Montre à Rodolphe ta belle petite gueule, mon chéri.
Je m’agenouille. La main de Rodolphe glisse sur mon front, caresse ma joue.
— Une peau de jeune fille. Elle a une peau de jeune fille, la chérie.
La main de Rodolphe s’écarte soudain, se rabat en une gifle qui me secoue la tête. Je fais un mouvement pour me relever mais Tim appuie sa main sur mon épaule et Rodolphe me caresse les cheveux.
— Calme, ma petite chérie, calme. Elle a une peau qui marque, la poulette! Tout ce que j’aime.
Aussitôt la main gantée de Rodolphe me claque l’autre joue sur toute sa largeur. Ma joue s’enflamme et Rodolphe a une petite moue vicieuse. Ses sourcils se relèvent candidement. Soudaine gifle à la volée. Mes deux joues brûlent. Je commence à bander.
— Mmmmm! tu sais qu’t’as une belle gueule à claques, ma poulette.
Je regarde Tim en suppliant.
— Sois gentil, mon chéri. Fais plaisir à mon copain. Il aime donner des petites tapes aux tapettes mais il n’est pas méchant.
Avant que Tim ait fini, coup sur coup, Rodolphe m’envoie deux énormes baffes avec un sourire jouisseur. Je titube sur les genoux, sens les larmes qui me viennent aux yeux.
— Putain, Rodolphe, elles étaient belles, celles-là!
Le commentaire est d’Axel, une jambe pliée sur la banquette, à gauche de mon tourmenteur. Nouvelle baffe. Rodolphe m’examine avec une curiosité amusée.
— Elle va pas tarder chialer, ma petite poule.
À peine un répit avant une nouvelle paire de baffes. La douleur me creuse les joues. J’implore d’une voix pleurarde:
— Arrêtez!
Rodolphe me caresse les cheveux:
— Ma petite tantouze, ma petite merde, on t’a pas appris à dire: «s’il vous plaît, Monsieur!»
Nouvelle paire de baffes posément appliquées.
— Arrêtez, s’il vous plaît, Monsieur.
— Lèche ma botte, mon petit déchet.
Je sens un pied de botte sur mon genou. Tim m’appuie sur l’épaule. Rodolphe a posé la main sur ma tête et essaie de me la faire plier. Je résiste. Axel frappe son poing contre sa paume.
— Attends, Rodolphe, c’est à mon tour. Je vais lui travailler le ventre à cette lope.
Rodolphe m’a pris l’oreille:
— Relève-toi, ma poule. Mon copain veut s’entraîner.
J’essaie de me débattre mais Tim m’a saisi le bras, me le maintient en le tordant derrière mon dos. Il me présente à Axel, debout, ses jambes bottées écartées devant moi. La Castagne se cambre avec une moue jouisseuse en cognant son poing contre sa paume.
Le poing part d’en bas. La langue d’Axel la Castagne lui gonfle la joue charnue. Le regard brille. Je ploie sous le coup qui m’enfonce l’estomac. La douleur est viscérale et vibrante. La joue gonflée d’Axel se gondole d’un sourire. L’autre poing est en position. Le regard s’attendrit. Le poing s’enfonce près de mon sexe dressé. Je sens la bite de Tim contre mon cul. Sa main me caresse la nuque. Il me murmure à l’oreille: «Tu m’excites, chéri!» Axel cogne avec un sourire tendre, irrésistible. Les coups sont mats, comme ralentis, presque langoureux. La voix de Danke: «Il est à moi après.» Danke a toujours la main sous le menton, le coude sur le genou, la botte sur la banquette. Le dégoût de son regard que je surprends m’effraie et me fascine. Axel me fouille le ventre de son poing, penché vers moi, le regard luisant:
— OK, j’te l’laisse.
— Attention, Messieurs, notre ami Danke s’excite. Ça va barder! susurre Rodolphe.
— Ne me l’abîme pas trop, fait Tim en m’enlaçant par derrière et en frottant sa bite raide contre mon cul.
— Le beau Tim est amoureux, ricane Rodolphe.
Axel écarte le pouce, prend mes joues en étau, me tord la gueule: «Je m’en doutais que Tim finirait par défendre les fiotes.» Il dit ça sur un ton faussement mauvais où je sens un désir. Tim me serre en me caressant le crâne:
— Tu dis ça, mec, parce que tu brûles de t’la faire. Danke aussi, j’parie!
— Bande de pédés, lâchez-moi cette larve. J’vais vous montrer comment ça dresse une lope, un vrai mec!
Danke a ôté son pied de la banquette et s’est redressé. Tim me caresse toujours:
— Eh Danke! t’étais d’accord pour qu’on s’lève un ped et qu’on s’amuse un peu avec. Ça te va de jouer les purs. J’ai pas levé ce bourge pour qu’on l’esquinte à fond et qu’on ait après les keufs au cul!
— Calmos, Tim. J’vais pas t’la massacrer ta fiote. J’vais simplement la transformer en chienne.
— T’as une baguette magique? fait Axel, rigolard, pendant que Tim me lâche
— Ouais, j’en ai une les mecs et j’vais vous la montrer!
Danke se dirige vers un sac beige posé sur la banquette. Il en sort un fouet noir, luisant, énorme.
— Asseyez-vous, les mecs. Le spectacle commence!
Danke est au milieu du hangar. J’ai la gorge nouée devant cette mince brute à cheveux ras qui prend appui en arrière sur la haute cambrure de sa botte. Danke la tapote négligemment des boucles du grand fouet.
— Avance-toi sous la lampe, le ped!
Je m’avance à pas lents, n’osant respirer à peine, envoûté déjà par le dresseur au fouet qui dédaigne de me regarder, le visage penché de biais, la moue superbe.
— Déssape-toi!
Non, je ne vais me rendre comme ça. J’ai envie de résister. J’ai même un sourire ironique malgré ma frayeur. Axel l’a vu:
— Il s’fout d’ta gueule, ton ped!
La moue de Danke s’accentue aussitôt. Sa main libère la lanière, recule, revient, monte, faisant se dresser, se tordre le serpent noir dans un claquement qui me bouleverse. Je ne bouge pas pourtant. Ça y est! L’œil de Danke est sur moi à me faire frissonner. Ses jambes se plient. Son bras tourne. Déjà j’ai la main à mon col, mais c’est trop tard. Une ligne de douleur oblique s’inscrit sur mon ventre dans le cinglement du fouet. Je gémis:
— Pitié, j’obéis.
Je commence à déboutonner nerveusement ma chemise. Danke a repris sa position première. Même moue dans son visage penché de biais. Même posture de dompteur superbe pour faire claquer le long fouet de cuir.
— Doucement, fiote! J’veux qu’tu déssapes comme une pute qui fait son strip.
La bande ricane. Je me déboutonne plus lentement. Danke me regarde, la lèvre toujours gonflée, le fouet nerveux:
— Déhanche-toi.
J’esquisse juste un mouvement de hanche. Danke a projeté le bras de l’arrière. Déjà la lanière file vers moi et me cingle les côtes.
— Déhanche-toi comme une pute, j’ai dit!
J’ôte ma chemise en me déhanchant. La moue de Danke commence à se fondre dans un sourire satisfait, atroce. Je bande un maximum. Danke a un grand mouvement tournant du bras; la lanière vole vers moi presque doucement, s’enroule autour de mon buste, caressante. Je sens que ma queue mouille et j’ouvre la bouche.
— Tire la langue, salope!
Je tire la langue, l’œil rivé à mon maître en défaisant la ceinture de mon pantalon. À nouveau Danke fait claquer le fouet sur le côté mais d’un geste plus ample qui lui fait dresser complètement le bras au-dessus de la tête.
— Continue de te déhancher, ma pute.
Je me déhanche et Danke continue de faire claquer le fouet rythmiquement, comme pour battre la mesure de ma danse lascive. Tim siffle d’admiration. Axel râle:
— Ô la pute! Oh! Faudra qu’tu m’la laisses, Danke! Oh! la fête que j’vais lui faire!
J’ai ôté mon pantalon, mon gland pointe au-dessus de mon slip. Je fais des cercles avec ma tête comme avec mon cul en tirant la langue, excité comme jamais, tandis que le fouet claque et reclaque. Enfin j’ôte mon slip. J’offre à tous les regards ma bite debout dont le gland me frôle le nombril. Danke a arrêté de faire claquer le fouet. Son regard, son sourire prennent quelque chose de lascif. Le bras dressé, il vise mon sexe pour y faire atterrir la lanière. Et, quand la mèche vient couler sur mon ventre, il me semble qu’il prend possession de moi. Sa voix est voilée et presque douce quand il dit:
— Maintenant, tu vas te mettre à quatre pattes!
Mais je n’ai pas envie de me mettre à quatre pattes. J’ai envie d’être indocile et je fais non de la tête en souriant. Danke me sourit comme en écho.
— Tu veux te faire prier, ma petite fiote? C’est ça, tu veux te faire prier?
J’ai croisé les avant-bras, mains sur les épaules. Je me sens plus nu que jamais devant mon dompteur botté qui s’apprête à me faire ployer sous les coups de fouet. Le cœur battant, je le vois prendre la posture, chercher l’élan, faire voler le long muscle de cuir avec un sourire grondeur. La lanière s’enroule cinglante autour de mes épaules et la mèche me brûle la main. Mais la douleur n’est rien à côté du regard dominateur de Danke, de l’arrogance souveraine de sa mâchoire, de la calme maîtrise avec laquelle il s’apprête à me cingler à nouveau de son grand fouet. Je me jette à quatre pattes, subjugué. Le menton buté de Danke pointe crânement pour marquer son triomphe. Il corrige la pose pour faire claquer le fouet à la verticale.
— Au pied, le chien! Cours au pied!
J’ai les genoux, les mains sur le ciment froid et dur, les yeux pas plus haut que les grandes bottes de Danke qui se dressent en face. À ma gauche, j’entrevois celles de Rodolphe et d’Axel qui s’allongent, semelles levées, devant la banquette. Je sens ma queue lourde et dressée vers mon ventre. Axel fait: «Putain! C’te lope!» Je suis déjà aux pieds de Danke, la tête entre ses bottes. Je lève vers son menton un regard soumis et je remarque soudain le gonflement de sa verge. Danke me met le talon de sa botte sur le crâne:
— T’as déjà vu les chiens coller les genoux par terre? J’vais t’apprendre à te tenir à quatre pattes, ma bête!
Danke m’appuie le talon sur la nuque et me cingle les cuisses pendant que je décolle les genoux. Il ôte son pied enfin, mais c’est pour me botter la fesse.
— Le cul! J’veux un cul cambré! Ouais, comme ça... Là tu commences à ressembler à un chien. Bon, maintenant tu vas tourner autour de moi. Gaffe à ton cul, ma bête!
J’obéis à mon maître, je commence à tourner, cul en l’air, autour de lui mais je n’ai pas fait trois pas que le fouet me cingle les côtes.
— Mieux que ça le cul! Cul cambré, j’ai dit.
— Il gaze le Danke! fait Axel.
— C’est rien ça, tu vas voir t’à l’heure... Allez, plus vite maintenant le chien! Plus vite!
Le fouet de Danke claque, en l’air d’abord, puis à nouveau sur mes côtes. Je m’efforce d’aller plus vite, je halète, je gémis sous le fouet qui me cingle à nouveau.
— Bien. Couché maintenant. Couché mieux que ça. Gueule à terre.
Danke m’écrase la tête de sa botte pour mieux me faire comprendre. Et, aussitôt, coup de pied au cul.
— Allez, debout sur tes pattes, le clebs! Allez, on court! Stop. Couché. Bien. On rampe jusqu’aux bottes du maître maintenant.
Je rampe les couilles pleines, la queue raidie contre le ciment froid jusqu’aux bottes de Danke.
— Il lèche maintenant, le chien. Il lèche les bottes de son maître.
J’aurais léché sans que mon maître demande tant je me sens à sa botte maintenant.
— Il est content le chien, alors il remue le cul. Mieux que ça. Et il lèche en même temps.
Je lèche à pleine langue, en remuant le cul, la haute tige noire, luisante et musquée, en levant les yeux de temps en temps vers le regard jouisseur de Danke penché vers moi, au-dessus du gonflement de sa verge.
— Il aboie, le chien, pour montrer qu’il est content. Il aboie.
Je fais un timide: «Ouah! ouah!»
Et j’entends rigoler sur la banquette.
— Il est aphone, ton clebs! ricane Rodolphe.
Danke me prend l’oreille, plante sur moi ses yeux bleus, parle d’une voix blanche, sifflante:
— Tu vas aboyer, ma salope! Tu vas aboyer pour qu’on t’entende à deux kilomètres!
Il recule en délovant le fouet à grands gestes, se cambre sur ses bottes, jambes écartées, mouline du bras avant de faire claquer le fouet devant lui. J’aboie vraiment alors, un aboiement sonore et plaintif, mais la lanière, envolée à nouveau, se rabat sur mon dos, atrocement cinglante.
— Aboie plus fort, chienne!
Alors j’aboie de toutes mes forces: «OUAH! OUAH! OUAH! OUAH!» Le hangar en raisonne. Tim, Axel et Rodolphe jubilent.
— Allez, cours en rond en aboyant, le chien!
Je cours à quatre pattes, aboyant à m’essouffler.
(à suivre)
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